Les guerres de religions
La révolte des bonnets rouges ou révolte
du papier timbré
Pontcallek, dernier chevallier breton
Vers la Révolution
Grâce aux nombreuses conditions posées par Anne de Bretagne et Claude de France, la
Bretagne réussit à garder un statut particulier. Mais ces
avantages économiques sont parfois mal perçus par le reste
de la population. La Bretagne apparaît comme une province
reculée, peuplée d'illettrés. Pourtant, la Bretagne est la
première province maritime de la France et son commerce de
toile (pour les navires) est florissant.
Les guerres de religions en
Bretagne
De 1588 à 1598, la France vit l'horreur des guerres de
religion, mais la guerre qui secouera la Bretagne n'y est
qu'indirectement liée. Le 24 août 1572 a lieu le massacre
de la saint Barthélemy, en Bretagne il ne fait qu'une
victime: le seigneur de Pont-l'Abbé
Sous prétexte d'éviter à la Bretagne d'être dirigée par
un roi protestant (Henri IV) Mercoeur, gouverneur de
Bretagne, conspire contre la France et fait alliance avec
l'Espagne. Quelques accrochages ont lieu en Bretagne et de
nombreuses troupes armées, dont celle de La Fontenelle, se
forment et ravagent les campagnes.
Heureusement, la conversion de Henri IV et la signature de
l'édit de Nantes mettent fin à cette révolte. Mercoeur
perd l'appui de l'Espagne et de ses autres alliés. Il se
soumet en 1598. Mais il laisse une Bretagne affaiblie et en
plein désarroi. On voit apparaître un néo-paganisme, les
Bretons se tournent vers leur ancienne religion. Pour
combattre cette tendance, l'Église leur envoie un grand
nombre de prédicateurs, découvre de nouveaux saints et de
nombreux miracles, c'est l'époque du mysticisme breton et
des plus beaux calvaires.
La révolte des bonnets rouges
Cette révolte appelée aussi révolte du papier timbré
fut l'une des plus sanglantes de l'histoire de la Bretagne.
En 1673, Colbert veut lever de nouveaux impôts en Bretagne:
la gabelle et le papier timbré (qui taxe tout document
officiel). Or, depuis l'union de la
France et de la Bretagne en 1532, tout nouvel impôt doit
être accepté par les Etats généraux de Bretagne. Bien
sur, ceux-ci s'opposent à cette taxe supplémentaire mais
Louis XIV passe outre.
Les Bretons, dirigés par Sébastien Le Balp, entrent en
rébellion. Le roi décide alors d'envoyer des troupes en
Bretagne, la révolte est cruellement réprimée, on ne
compte plus les exécutions sommaires et les pendaisons. Pour
punir les paysans en révoltes, certains iront même jusqu'à
couper la pointe des clochers.
Après ce coup dur, le roi décide de nommer un intendant en
Bretagne. Le premier sera Béchameil de Nointel qui dirigera
la Bretagne de 1692 à 1705. Mais il ne réussira pas à
affaiblir les Etats généraux, et la Bretagne restera une
province privilégiée dans l'ordre fiscal jusqu'à la
Révolution.
Pontcallek: dernier chevalier
breton
A la mort de Louis XIV, la régence de Philippe d'Orléans
ouvre une période de libertinage et de faste dans la bonne
société. Mais la situation n'est pas la même en province,
spécialement en Bretagne où la population de remet mal des
massacres perpétués pendant la révoltes des bonnets
rouges.
C'est alors qu'entre en scène le marquis de Pontcallek.
C'est un noble sans le sou, qui vit de trafics divers. Il
rêve d'une Bretagne libre et d'une république
aristocratique. Plus exalté que réaliste, il rassemble peu
de partisans, mais obtient le soutient des espagnols en 1719,
choqués par les moeurs débauchées du régent et abusés
par une surévaluation de ses troupes. Le régent en est plus
amusé qu'inquiet mais l'abbé Dubois, son conseiller,
cherche à signer des accords avec l'Angleterre. Pour
impressionner les Anglais, il fait croire que les Espagnols
sont sur le point de débarquer en Bretagne et que la
conspiration de Pontcallek est très importante. C'est ainsi
que Pontcallek est arrêté avec trois de ses partisans
(peut-être les seuls). Il seront décapités le 28 décembre
1719.
Célébré par Bertrand Tavernier dans Que la fête
commence, il fut peut-être l'un des derniers chevaliers
bretons à se battre pour sa patrie. Il y gagna un statut de
martyr national devenant le sujet de nombreuses complaintes.
Vers la Révolution
Louis XV accède au pouvoir et essaye de moderniser la
Bretagne. Il lance de grands travaux pour construire des
routes, les paysans étant "volontaires" pour y
participer.
En 1764, une nouvelle affaire éclate en Bretagne. Les
Jésuites qui sont très puissants en Bretagne dirigent un
grand nombre de collèges. Le Parlement
breton, plutôt janséniste, s'inquiète de cette grande
influence et vote la dissolution de l'ordre. Le rapport du
procureur général, La Chalotais a un succès immense
auprès du public et sera même applaudi par Voltaire.
Mais le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne, défend les
Jésuites. Il va plaider leur cause auprès de Louis XV. Le
roi convoque les parlementaires à Versailles et exile trois
d'entre eux. Mais le Parlement refuse de se soumettre et
décide de démissionner. Louis XV fait alors arrêter La
Chalotais et disperse les autres conseillers dans
différentes provinces. Le Parlement de Paris réagit
aussitôt en faveur de celui de Rennes et le roi doit s'en
tenir là. Le duc d'Aiguillon se retire en 1768, mais le
prestige royal est bien entamé. La Révolution peut
commencer...